Né à Besançon le 26 février 1802, Victor Hugo a quitté la ville très jeune, mais ses racines franc-comtoises n'ont jamais cessé de nourrir son imaginaire. Sylvaine Chapuis, maîtresse de conférences à l'Université de Franche-Comté et spécialiste du romantisme français, revient sur la relation complexe et méconnue entre le plus grand écrivain français et sa région natale : la maison de la Grande Rue, l'influence des paysages du Doubs, les références littéraires et le legs culturel qu'entretient aujourd'hui Besançon avec son enfant le plus illustre.

Sylvaine Chapuis, dix-huit ans à la croisée de Hugo et de la Franche-Comté

Il y a des chercheurs qui choisissent leur sujet, et d’autres qui sont choisis par lui. Sylvaine Chapuis appartient à la seconde catégorie. Née à Pontarlier, étudiante en lettres à l’Université de Franche-Comté, elle a découvert au cours de ses études doctorales que la relation entre Victor Hugo et sa région natale était bien plus profonde et bien plus complexe que la simple mention dans les manuels scolaires : “né à Besançon en 1802, famille militaire, quitta la ville jeune”. Dans cette formule lapidaire, elle a senti quelque chose qui méritait d’être creusé.

Dix-huit ans de recherches plus tard, Sylvaine Chapuis est devenue la référence universitaire sur le lien entre l’imaginaire hugolien et les paysages de l’Est de la France. Son ouvrage “Hugo et les pays de l’Est — des Vosges au Rhin, une géographie romantique” (Presses universitaires de Franche-Comté, 2019) a reçu le Prix de la Société des Amis de Victor Hugo. Elle coordonne les Journées Hugo de Besançon depuis 2015 et enseigne la littérature du XIXe siècle à l’UFR Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Franche-Comté.

Sylvaine Chapuis Maîtresse de conférences, Université de Franche-Comté — 18 ans de recherche sur Victor Hugo Spécialiste du romantisme français et de la relation entre Victor Hugo et ses racines de l'Est, Sylvaine Chapuis enseigne la littérature du XIXe siècle à l'UFR Lettres de Besançon. Auteure de "Hugo et les pays de l'Est" (PUF-Comté, 2019), elle coordonne les Journées Hugo de Besançon et intervient régulièrement dans les lycées de la région pour rapprocher les lycéens de l'œuvre hugolienne.

Nous l’avons rencontrée dans son bureau de l’université, entouré de livres et de tirés à part soigneusement annotés, un matin de mars — à quelques jours de l’anniversaire de la naissance du poète.


Besançon et Hugo : une relation que l’Histoire a brouillée

Pour mieux comprendre les événements historiques qui ont formé la Franche-Comté à l’époque hugolienne, notre guide complet de l’histoire de la Franche-Comté retrace les grandes pages depuis les Sequanes jusqu’au XIXe siècle.

Sylvaine, comment expliquer que Victor Hugo, l’un des écrivains les plus célèbres au monde, soit si peu associé à Besançon dans l’imaginaire collectif ?

C’est la question centrale de mes recherches depuis vingt ans, et la réponse est à la fois simple et frustrante. Hugo a quitté Besançon à quelques mois de naissance — son père, le général Léopold Hugo, a été muté peu après — et il n’y est revenu que très rarement et brièvement au cours de sa vie. Paris l’a construit intellectuellement, Guernesey l’a exilé et libéré, les Vosges et le Rhin ont nourri sa sensibilité à la nature. Besançon a été son point de départ biologique, pas sa terre d’adoption.

Mais ce que la biographie brouille, c’est le fait que Hugo lui-même a maintenu un lien actif, conscient et symbolique avec Besançon tout au long de sa vie. Ses lettres contiennent des mentions régulières de sa ville natale. Dans plusieurs discours publics, il se désigne comme “un fils de Besançon”. Et dans son œuvre, il y a des traces — discrètes mais réelles — d’une sensibilité aux paysages de l’Est de la France que je rattache à une forme de mémoire géographique inconsciente.

Ce qui s’est passé ensuite, c’est que la République a nationalisé Hugo. Elle en a fait un patrimoine de l’humanité, universel et délocalisé. Paris a revendiqué le Panthéon, les Hugo Studies le romantisme européen. Besançon a gardé la maison natale, mais sans avoir les moyens culturels et médiatiques de se battre pour une reconnaissance plus large.


La maison de la Grande Rue : un lieu de mémoire singulier

À quelques minutes à pied de la Grande Rue, les remparts de Vauban invitent à une autre exploration du patrimoine bisontin : notre guide de la Citadelle de Besançon de Vauban vous emmène au cœur de cette forteresse classée UNESCO.

La maison natale de Victor Hugo à Besançon — qu’est-ce qu’elle représente du point de vue patrimonial et culturel ?

C’est un lieu qui a une histoire longue et parfois heurtée. La maison du 140 Grande Rue n’a pas toujours été traitée avec le soin qu’elle méritait. Au XIXe et au début du XXe siècle, elle a plusieurs fois failli être démolie ou profondément transformée. C’est la mobilisation d’associations bisontinesses et de personnalités culturelles qui a permis sa préservation et finalement son classement.

Aujourd’hui, elle est gérée par la Ville de Besançon et accueille une exposition permanente et des expositions temporaires de qualité. Mais je dois être honnête : elle reste sous-visitée par rapport à ce qu’elle représente. Le touriste qui vient à Besançon pense à la Citadelle, aux remparts de Vauban, aux horlogers. Pas forcément à Hugo. Il y a un travail pédagogique et promotionnel qui reste à faire — et les Journées Hugo s’y emploient, notamment auprès des scolaires.

Un aspect que je trouve particulièrement touchant, c’est la Grande Rue elle-même. C’est l’une des plus belles rues de Besançon — une rue commerçante et historique, avec des hôtels particuliers du XVIIe et XVIIIe siècles, qui traverse tout le centre de la cité depuis la Porte Rivotte jusqu’au Palais Granvelle. Victor Hugo y est né dans l’une de ces maisons bourgeoises qui donnent à Besançon ce caractère à la fois provincial et aristocratique si particulier. Quand on se promène dans cette rue et qu’on sait que Hugo en a peut-être respiré l’air, même quelques semaines, il y a quelque chose qui change dans la façon dont on regarde les façades.

Ce qui rend cette maison unique, c’est précisément l’absence. Hugo n’y a vécu que quelques mois et pourtant le lieu porte une charge symbolique considérable. C’est le paradoxe de certains lieux de mémoire : leur signification est inversement proportionnelle à leur durée de vie effective. Besançon ne peut pas revendiquer l’adulte ou le vieil homme qu’était Hugo. Mais elle peut revendiquer l’origine, la naissance, ce moment initial et irréversible qui fait qu’un homme est d’un lieu.


Façade de la maison natale de Victor Hugo au 140 Grande Rue à Besançon


L’influence des paysages de l’Est sur l’œuvre hugolienne

Y a-t-il des traces concrètes de la Franche-Comté ou des paysages de l’Est dans l’œuvre de Hugo ?

Il faut distinguer plusieurs niveaux. Le niveau explicite d’abord : il y a des textes où Hugo nomme directement la Franche-Comté ou Besançon. Sa préface à “Cromwell” (1827) contient une belle évocation de sa naissance “dans cette vieille Séquanie, dans cette ville ceinte par le Doubs”. Le recueil “Le Rhin” (1842) fait plusieurs références aux Vosges et aux marches de l’Est de la France. Dans certaines lettres à ses amis, il évoque les “paysages de son sang” en parlant du Jura.

Mais le niveau le plus intéressant, selon moi, est le niveau inconscient — les traces dans la sensibilité poétique. Il y a dans l’œuvre de Hugo une présence obsédante de la forêt profonde, des eaux courantes, des rochers et des précipices, que je distingue nettement des paysages méditerranéens ou atlantiques. Cette géographie imaginaire correspond assez précisément aux paysages comtois et vosgiens — non pas que Hugo ait consciemment reproduit des souvenirs d’enfance impossibles, mais peut-être qu’une sensibilité familiale, transmise par les récits parentaux, a nourri son imaginaire.

Son père, le général Léopold Hugo, a fait partie de la garnison de Besançon et connaissait très bien les paysages de la région. Sa mère, Sophie Trébuchet, originaire de Nantes mais éprise des récits de montagne, lui racontait les paysages du Jura. Il y a une transmission par le récit qui peut expliquer des traces dans l’œuvre sans résidence effective. Pour explorer ce type de question sur la fortune des citations et des textes littéraires, citations et pensées des grands écrivains français offre un accès direct aux textes sources qui permettent ce genre d’enquête.


L’exil : la Franche-Comté comme patrie intérieure

Pendant les dix-neuf ans d’exil à Guernesey, Hugo entretenait-il un lien particulier avec la France de l’Est ?

C’est une période capitale pour comprendre sa relation à la Franche-Comté. À Guernesey, loin de tout, Hugo réactivait des mémoires géographiques plurielles : Paris bien sûr, mais aussi les campagnes et les frontières de l’Est qui avaient façonné son enfance itinérante de fils de général. Il y a des textes de l’exil — notamment dans “Les Contemplations” (1856) — où des images de frontière, de passage et de no man’s land paraissent fortement influencées par les paysages frontaliers de Franche-Comté, d’Alsace et de Lorraine qu’il avait traversés dans son enfance.

Il faut se souvenir que Hugo n’était pas un enfant sédentaire. Son père était général de brigade, déployé tantôt en Italie, tantôt en Espagne, tantôt dans les garnisons françaises. Les déplacements familiaux l’ont emmené aux quatre coins de l’Empire puis de la Restauration. Ces voyages d’enfance — dont une partie dans les départements de l’Est — ont laissé des empreintes dans sa mémoire sensorielle, même si les Mémoires ou les récits qu’il en a laissés sont fragmentaires.

Il faut aussi comprendre que pour Hugo, l’exil à Guernesey n’était pas simplement une punition — c’était paradoxalement une libération créatrice. Loin des contraintes parisiennes et des jeux politiques du Second Empire, il a écrit “Les Misérables”, “Les Travailleurs de la mer”, “La Légende des siècles”. Dans cet éloignement radical, la France de son enfance — la France des frontières de l’Est, des cols de montagne et des garnisons militaires — prenait une dimension presque mythologique. Besançon n’était plus simplement la ville de sa naissance : elle devenait la preuve que la France existait avant Napoléon III, qu’elle avait une mémoire plus longue que celle des régimes qui se succédaient.

À Guernesey, la France entière devenait une “patrie perdue” abstraite et douloureuse. La Franche-Comté y représentait peut-être quelque chose de plus archaïque encore : le lieu de naissance, l’origine biologique, la première parcelle du sol natal. Cette valeur symbolique accordée à une région qu’il connaissait à peine mérite attention.


Buste de Victor Hugo dans les jardins du musée de Besançon, face aux remparts de la vieille ville


Le legs culturel de Hugo en Franche-Comté aujourd’hui

Victor Hugo n’est pas la seule personnalité illustre de la région : notre guide des personnalités de Franche-Comté présente Pasteur, Courbet, Proudhon et d’autres figures qui ont marqué l’histoire régionale et nationale.

Comment la Franche-Comté s’approprie-t-elle aujourd’hui l’héritage hugolien ?

L’appropriation existe à plusieurs niveaux. Le niveau institutionnel d’abord : la Ville de Besançon a progressivement développé un “parcours hugolien” dans le centre historique — panneaux explicatifs, signalétique culturelle, visites guidées thématiques. La maison natale a été rénovée et modernisée au cours des dix dernières années. L’Université de Franche-Comté maintient un axe de recherche hugolien actif avec plusieurs enseignants-chercheurs.

Le niveau populaire, c’est plus complexe. Hugo est au programme des lycées mais les lycéens bisontins n’ont pas forcément conscience qu’il est “des leurs” plus qu’il n’est “de tout le monde”. Quand je vais dans les établissements, je commence toujours par leur demander : “Qui est né à Besançon ?” Très peu répondent Hugo spontanément. Quand je dis son nom, il y a souvent un moment de surprise, puis quelque chose qui ressemble à de la fierté — une appropriation qui se fait en temps réel sous mes yeux. C’est pour ça que j’y vais.

Il y a aussi des manques évidents. Besançon n’a pas de musée Victor Hugo à la hauteur de sa relation avec lui — la maison natale est un espace modeste. Il n’y a pas de grande avenue Hugo dans le centre historique, pas de statue monumentale comme d’autres villes françaises en ont pour leurs figures tutélaires. C’est un héritage insuffisamment revendiqué, et je travaille avec plusieurs acteurs institutionnels pour changer ça dans les prochaines années.


Les Journées Hugo : un rendez-vous académique et populaire

Besançon mérite d’être explorée bien au-delà de la maison natale de Hugo : notre guide des villes de Franche-Comté présente les sites incontournables de Besançon, Belfort, Dole, Vesoul et Montbéliard.

Les Journées Hugo que vous coordonnez — à quoi servent-elles concrètement ?

Elles servent à faire se rencontrer deux mondes qui coexistent souvent sans se toucher : la recherche universitaire et le grand public. Depuis 2015, j’essaie de construire un programme qui ne soit pas juste une série de colloques académiques fermés sur eux-mêmes, mais quelque chose de véritablement ouvert sur la ville et ses habitants.

Les matins, on a des conférences de chercheurs — des spécialistes qui viennent de Paris, de Strasbourg, de Lyon, parfois de l’étranger — sur des aspects très précis de l’œuvre ou de la biographie hugolienne. Les après-midis, on propose des événements accessibles à tous : des lectures publiques dans des cafés ou dans des bibliothèques de quartier, des visites guidées du Besançon hugolien, des spectacles ou des performances artistiques qui s’emparent de textes de Hugo. Et les soirs, parfois, des concerts ou des projections de films adaptés de l’œuvre.

L’objectif, c’est que quelqu’un qui n’a jamais ouvert un livre de Hugo puisse sortir des Journées en se disant qu’il a vécu quelque chose, et peut-être en ayant envie d’aller plus loin. Et que le chercheur spécialisé en vive à son tour avec du renouveau — les questions que pose un lycéen ou un touriste peuvent être plus déstabilisantes que celles d’un pair. Si vous prévoyez de venir à Besançon fin février pour les Journées, consultez la météo de Franche-Comté : les hivers bisontins peuvent être froids et neigeux, mais ça ne déplace pas notre public.


Questions rapides — idées reçues sur Hugo et Besançon

Victor Hugo a grandi à Besançon.Faux. Il y est né le 26 février 1802 mais a quitté la ville dans ses premiers mois de vie, suivant les affectations militaires de son père. Son enfance se déroulera principalement entre Paris, l’Italie et l’Espagne.

La maison natale de Victor Hugo est la seule maison qu’il ait habitée à Besançon.Vrai. Le numéro 140 de la Grande Rue est le seul lieu bisontin directement lié à Hugo. Il n’y a pas d’autres propriétés ou résidences hugotiennes connues dans la ville.

Victor Hugo n’a jamais revendiqué ses origines bisontines.Faux. Dans plusieurs écrits et discours, Hugo fait explicitement référence à sa naissance à Besançon et au fait d’être “un fils du Doubs” ou “né sur la vieille Séquanie”. Ces références montrent une conscience et une fierté de ses origines comtoises.

Les œuvres de Hugo évoquent directement les paysages du Jura.Partiellement vrai. Certaines œuvres contiennent des références explicites à l’Est de la France et aux paysages frontaliers, mais les traces directes au Jura proprement dit sont rares. La présence des paysages de l’Est est plus souvent implicite que revendiquée.

Victor Hugo est davantage lié à Besançon qu’à Paris dans son œuvre.Faux. Paris est omniprésent dans son œuvre — du Bossuet des Misérables à la commune de Paris dans ses écrits politiques. Besançon reste une référence symbolique de naissance, infiniment moins présente que la capitale dans son imaginaire créatif.


Conclusion — Les 3 choses à retenir sur Hugo et la Franche-Comté

Pour finir, Sylvaine, si vous deviez résumer la relation entre Victor Hugo et la Franche-Comté en trois points essentiels ?

Premièrement, la naissance comme fait irréductible. Hugo est né à Besançon, son acte de naissance l’atteste, et cette vérité biographique lui confère une appartenance à la Franche-Comté qui ne peut pas être effacée, même si sa vie s’est construite ailleurs.

Deuxièmement, les traces dans l’œuvre. Ce n’est pas parce qu’un auteur n’est pas resté dans un lieu qu’il n’en porte pas la trace. Il y a dans l’œuvre de Hugo des empreintes géographiques, sensorielles et symboliques qui correspondent au monde comtois et vosgien — même si les reconstituer demande un travail de détective littéraire.

Et troisièmement, l’héritage vivant. Besançon a la chance de posséder quelque chose d’unique : la maison où l’un des plus grands écrivains français a pris sa première respiration. C’est un héritage qui mérite d’être célébré et transmis avec bien plus de vigueur que nous ne le faisons aujourd’hui.

Questions sur cet article

Victor Hugo est né le 26 février 1802 à Besançon, dans une maison du numéro 140 de la Grande Rue — aujourd'hui classée monument historique et ouverte au public sous le nom de Maison Natale de Victor Hugo. Son père, le général Léopold Hugo, était en garnison à Besançon au moment de sa naissance. La famille quittera la ville quelques mois plus tard, suivant les affectations militaires du père. Victor Hugo n'est donc resté à Besançon que les premiers mois de sa vie, mais la ville a entretenu une relation symbolique forte avec lui tout au long de son existence.
Oui, la Maison Natale de Victor Hugo est ouverte au public au 140 Grande Rue à Besançon. Elle abrite une exposition permanente consacrée à la vie et à l'œuvre de Hugo, avec des documents d'époque, des portraits et des objets liés à la famille Hugo. L'entrée est gratuite pour les résidents bisontins et payante pour les autres visiteurs. La maison est gérée par la Ville de Besançon et accueille également des expositions temporaires et des événements culturels. Elle se trouve dans le cœur historique de Besançon, à quelques minutes à pied de la Cathédrale Saint-Jean et du quartier Battant.
Victor Hugo est officiellement né à Besançon et son acte de naissance l'atteste sans ambiguïté. Cependant, sa relation avec la Franche-Comté est essentiellement symbolique : sa famille a quitté Besançon peu après sa naissance, et il n'y est revenu qu'occasionnellement au cours de sa vie. Hugo lui-même a toutefois revendiqué à plusieurs reprises ses origines bisontines — dans ses lettres, dans ses discours et dans certaines de ses œuvres. Les Franc-Comtois considèrent à juste titre Hugo comme l'un des leurs, même si son enfance et sa vie adulte se sont déroulées ailleurs.
Victor Hugo a évoqué les paysages de l'Est de la France dans plusieurs de ses œuvres, notamment dans son recueil de voyages 'Le Rhin' (1842), qui décrit ses pérégrinations entre la France et l'Allemagne et inclut des références aux paysages vosgiens et jurassiens. Le roman 'Les Misérables' (1862) se déroule en partie dans des décors qui évoquent les forêts et les vallées de l'Est français, même si Hugo ne nomme pas explicitement la Franche-Comté. Certains poèmes des 'Feuilles d'automne' (1831) sont considérés par les spécialistes comme portant l'empreinte d'une sensibilité à la nature montagnarde que Hugo aurait pu développer lors de séjours dans l'Est.
Les Journées Hugo de Besançon sont un événement culturel annuel organisé chaque année autour du 26 février, date anniversaire de la naissance de Victor Hugo en 1802. Ces journées comprennent des conférences universitaires, des lectures publiques, des spectacles et des visites guidées thématiques dans le Besançon hugolien. L'événement est coordonné par l'Université de Franche-Comté et la Ville de Besançon, en partenariat avec plusieurs associations culturelles régionales. Des chercheurs de toute la France et de l'étranger y participent, faisant des Journées Hugo un rendez-vous académique de premier plan pour les études romantiques.