La Franche-Comté est une région rurale, certes, mais ses villes recèlent une densité patrimoniale et culturelle remarquable. Besançon, capitale régionale encerclée dans sa boucle du Doubs, est l’une des plus belles villes de France avec son centre historique intact et sa citadelle Vauban classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Belfort, résistante légendaire de 1870, arbore fièrement son Lion monumental. Dole, ancienne capitale comtoise et ville natale de Louis Pasteur, conserve une noblesse méridionale inattendue.
Pour en apprendre davantage sur la région, consultez notre guide de l’histoire de la région. Ce guide des villes franc-comtoises est une invitation à dépasser les paysages pour découvrir l’histoire vivante, les musées, les monuments et les personnalités qui font de chacune de ces cités un chapitre de l’histoire nationale.
Besançon : la capitale du Doubs
La boucle du Doubs et la citadelle Vauban
Besançon est une ville géographiquement exceptionnelle. Le Doubs la presque entièrement circonscrit dans une boucle de rivière presque parfaite, ne laissant qu’un étroit isthme de 300 mètres entre les deux bras. Cette péninsule naturelle, haute de plusieurs dizaines de mètres sur ses flancs, a été une place forte depuis l’Antiquité. Jules César la décrit avec admiration comme une ville “presque entièrement entourée par la rivière comme par un compas”.
La citadelle Vauban, construite entre 1668 et 1690 par le grand ingénieur militaire de Louis XIV, est le monument le plus visité de la région. Perchée au-dessus de la boucle du Doubs sur un rocher que Vauban a transformé en forteresse imprenable, elle occupe 11 hectares ceints de remparts, bastions, demi-lunes et galeries souterraines. Elle a été inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008 dans le cadre des Fortifications de Vauban, avec onze autres sites disséminés dans toute la France.
À l’intérieur de la citadelle, trois musées occupent les anciens bâtiments militaires. Le Musée comtois retrace l’ethnographie et les traditions populaires de la région avec une collection de plus de 30 000 objets. Le Musée de la Résistance et de la Déportation, l’un des plus importants de France sur cette thématique, documente la période de l’Occupation avec une rigueur et une émotion rares. Le Muséum d’histoire naturelle abrite un espace zoologique avec des espèces rares dont le panda roux, le bison et des insectariums fascinants.
Le centre historique et Victor Hugo
Le centre historique de Besançon est l’un des mieux conservés de France. La Grande Rue, axe principal depuis l’Antiquité (c’est l’ancienne via romaine), est bordée de façades Renaissance et classiques d’une grande homogénéité. Les hôtels particuliers des XVIe-XVIIIe siècles témoignent de la prospérité de la ville à l’époque habsbourgeoise et lors du développement de l’horlogerie.
La maison natale de Victor Hugo, au 140 Grande Rue, est aujourd’hui transformée en musée consacré à la vie du romancier-poète né à Besançon en 1802. À quelques pas, la cathédrale Saint-Jean abrite la célèbre horloge astronomique à 30 000 pièces, l’une des plus complexes du monde.
Le Musée des Beaux-Arts de Besançon, installé dans les anciennes Halles au Blé du XVIIIe siècle, possède une des plus belles collections de province : peintures hollandaises et flamandes du XVIIe siècle, impressionnistes français, collection d’estampes et de dessins de classe internationale.
L’université et la vie culturelle
Besançon est une ville universitaire dynamique avec environ 25 000 étudiants. Sa tradition d’excellence en horlogerie s’est transformée au XXe siècle en filière microtechnique et médicale de réputation mondiale. La ville accueille plusieurs centres de recherche internationaux dans ces domaines.

Belfort : le Lion et la résistance
Le siège de 1870 et le Colonel Denfert-Rochereau
Belfort est une ville dont l’identité est entièrement construite sur un épisode héroïque : le siège de 1870-1871. Lors de la guerre franco-prussienne, après la capitulation de l’armée française à Sedan en septembre 1870, Belfort fut l’une des rares places militaires françaises à résister à l’envahisseur. Sous le commandement du colonel Aristide Denfert-Rochereau, la garnison résista pendant 103 jours à l’encerclement prussien, repoussant plusieurs assauts directs. La ville ne capitula que le 16 février 1871, après l’armistice général, et la reddition fut militairement honorable.
Cette résistance valut à Belfort le privilège de ne pas être annexée par l’Allemagne lors du Traité de Francfort (1871), contrairement à l’Alsace et à la Moselle. Belfort devint le chef-lieu d’un nouveau département, le Territoire de Belfort (90), le plus petit département métropolitain français.
Le Lion de Bartholdi
En hommage à cette résistance, la ville commanda au sculpteur alsacien Frédéric Auguste Bartholdi — le même qui concevra quelques années plus tard la Statue de la Liberté — une sculpture monumentale. Le Lion de Belfort, taillé directement dans le grès rose des Vosges au pied de la citadelle, fut inauguré en 1880. Long de 22 mètres, haut de 11 mètres, il représente un lion blessé mais debout, debout face à l’ennemi, symbole de la résistance. C’est l’une des sculptures monumentales les plus impressionnantes de France.
La citadelle de Belfort, elle aussi œuvre de Vauban, domine la ville depuis un éperon rocheux. Elle abrite le Musée d’Histoire et de Géographie, consacré à l’histoire militaire et civile du Territoire de Belfort. L’ensemble du patrimoine belfortain — citadelle Vauban, Lion de Bartholdi, mémoire du siège de 1870 — est documenté en profondeur sur l’encyclopédie du patrimoine historique de Belfort, guide de référence pour préparer une visite dans le Territoire de Belfort.
Les Eurockéennes de Belfort
Chaque été depuis 1989, Belfort accueille les Eurockéennes de Belfort, l’un des plus grands festivals de musiques actuelles de France. Organisé sur le site du Lac de Malsaucy, il réunit pendant quatre jours les plus grandes têtes d’affiche du rock, de l’électro et de la pop, avec une capacité de plus de 40 000 spectateurs par jour. Ce festival a contribué à placer Belfort sur la carte culturelle nationale et européenne.
Dole : l’ancienne capitale et sa collégiale
Dole fut la capitale historique de la Franche-Comté pendant plusieurs siècles, siège du Parlement comtois sous la domination habsbourgeoise. Louis XIV la dépossède de ce rôle en 1678, transférant le Parlement à Besançon pour punir la ville qui avait opposé la plus longue résistance à ses conquêtes. Dole en garda longtemps une certaine amertume et une fierté blessée.
La collégiale Notre-Dame, dont le clocher de 73 mètres est le plus haut de Franche-Comté, est le monument majeur de la ville. Construite entre 1510 et 1591 dans le style gothique tardif teinté de Renaissance, elle domine la vieille ville de ses arcs-boutants et de ses gargouilles. La maison natale de Louis Pasteur, au bord du canal des Tanneurs, est un musée biographique d’une qualité exceptionnelle, retraçant la vie du savant depuis son enfance doloise jusqu’à ses découvertes qui révolutionnèrent la médecine et l’alimentation mondiales.

Montbéliard : la ville du Lion Peugeot
Montbéliard est une ville à part dans la région : ancienne principauté protestante des ducs de Wurtemberg, elle ne fut rattachée à la France qu’en 1793, bien après la Franche-Comté. Son architecture en témoigne : les maisons à colombages, l’église protestante Saint-Martin et le château des Ducs (avec ses deux tours médiévales jaunes caractéristiques) évoquent davantage l’Allemagne du Sud que la France.
L’Aventure Peugeot, musée installé à Sochaux (adjacent à Montbéliard), est l’un des plus beaux musées industriels de France. Avec plus de 300 véhicules exposés depuis les premiers vélocipèdes Peugeot des années 1880 jusqu’aux modèles hybrides et électriques actuels, il retrace 200 ans d’innovation industrielle dans cette vallée de l’Allan qui est l’une des berceaux de l’industrie automobile mondiale.
Le marché de Noël de Montbéliard, organisé depuis 1990 sur la place centrale, est devenu le plus réputé de Franche-Comté avec ses dizaines de chalets en bois, ses illuminations et son atmosphère inspirée des marchés de Noël alsaciens.
Pontarlier : l’absinthe et les gorges du Doubs
Pontarlier, à 830 mètres d’altitude, est la plus haute sous-préfecture de France. Porte d’entrée vers la Suisse par le col de Pontarlier, elle possède un caractère frontalier prononcé. La ville fut longtemps le centre mondial de la production d’absinthe, la “fée verte” — cette liqueur anisée à base d’armoise qui envahit les cafés parisiens au XIXe siècle avant d’être interdite en 1915. Plusieurs distilleries comme Pernod avaient leurs usines à Pontarlier. Depuis la réhabilitation de l’absinthe en 2011, des distilleries artisanales ont repris la tradition, et la ville abrite un musée dédié à cette boisson légendaire.
La citadelle de Joux, à quelques kilomètres, est une forteresse médiévale renforcée par Vauban qui fut aussi une prison d’État célèbre — Mirabeau et Toussaint Louverture y furent enfermés. Dans le Doubs intérieur, le canton de Quingey sur les berges de la Loue offre un visage différent de la Franche-Comté rurale : prairies comtoises, villages de pierres calcaires et patrimoine monastique. Le guide territorial du canton de Quingey dans le Doubs détaille les atouts de ce territoire méconnu, idéal pour une escapade nature à une heure de Besançon.
Avant de planifier votre visite en Franche-Comté, consultez les prévisions météorologiques locales sur meteo-franche-comte.fr pour optimiser votre séjour en fonction des conditions.
Vesoul et Gray : deux villes méconnues
Vesoul, préfecture de la Haute-Saône, est connue pour son Festival International des Cinémas d’Asie (FICA), l’un des plus importants festivals de cinéma asiatique d’Europe. Le lac de Vesoul, plan d’eau artificiel aménagé dans la plaine, est un espace de loisirs nautiques apprécié des habitants. Le centre historique de Vesoul, avec ses rues pavées et ses maisons des XVIIe-XVIIIe siècles, mérite une promenade.
Gray, sur les bords de la Saône, possède un musée Baron Martin qui renferme une collection de peintures et de dessins remarquable, notamment un fonds d’estampes d’une richesse rare pour une ville de cette taille.
Pour approfondir votre connaissance des habitants célèbres qui ont marqué ces villes, consultez notre guide des personnalités de Franche-Comté. L’histoire de la région éclaire le passé de ces cités qui ont façonné l’identité comtoise.
